Poteau de clôture penché au Québec : réparer une clôture Frost ou en bois avant l’hiver

Un seul poteau penché révèle généralement un problème de gel sous terre, et non une clôture en fin de vie. Voici comment distinguer réparation et remplacement, et quelles solutions tiennent vraiment un hiver québécois.
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Eric, propriétaire des Clôtures Duratech
« Nous faisons des clôtures durables depuis 2020 »
Éric, fondateur de Duratech

Un poteau penche, alors que le reste de la ligne de clôture est encore droit. Ce n’est généralement pas le signe que toute la clôture lâche : c’est le signe de ce qui se passe sous terre, à cet endroit précis. Et au Québec, ce qui se passe sous terre ramène très souvent au gel.

Chez Duratech, nous recevons cet appel chaque automne et chaque printemps : un poteau sur douze a basculé, le loquet d’un portillon n’accroche plus, ou une section de clôture Frost est visiblement de travers. Avant de choisir entre une réparation rapide et le remplacement complet de la clôture, il vaut la peine de comprendre pourquoi les poteaux penchent ici. C’est ce qui détermine quelle réparation va vraiment tenir.

Le choix plus large entre réparer et remplacer est déjà traité dans notre guide sur la réparation ou le remplacement d’une clôture. Cet article va plus loin dans le détail : un seul poteau penché, pourri ou soulevé par le gel — pourquoi ça arrive ici en particulier, et quelles solutions tiennent vraiment après un autre hiver québécois.

Pourquoi les poteaux de clôture penchent après un hiver québécois

Le soulèvement dû au gel est la cause la plus fréquente des poteaux penchés que nous voyons. Quand le sol gèle, des cristaux de glace se forment dans la terre — pas seulement en surface, mais jusqu’à la profondeur que la ligne de gel atteint cet hiver-là. Dans les sols argileux ou limoneux qui ont accès à de l’eau souterraine, ces cristaux forment des lentilles qui soulèvent physiquement tout ce qui repose dessus.

À titre de comparaison, les fondations de bâtiments au Québec sont encadrées beaucoup plus strictement que les poteaux de clôture. Pour un bâtiment sur argile ou sur un sol mal défini, le Code de construction du Québec renvoie à des profondeurs minimales de fondation comme 1,2 m (tableau 9.12.2.2), et parfois jusqu’à la limite de pénétration du gel lorsque celle-ci est plus profonde. Un poteau de clôture n’est pas visé par ce tableau de fondations de bâtiment, mais la même logique de gel demeure : si la base du poteau s’arrête dans la couche qui gèle, le sol peut la soulever ou la déplacer.

Dans les faits, les fondations de la région de Montréal sont généralement coulées entre 1,2 et 1,8 m, et une chronique technique de l’APCHQ (Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec) cite une profondeur de gel de 2,35 m enregistrée à une intersection du centre-ville de Montréal, selon La Presse. Ce chiffre ne doit pas être lu comme une profondeur standard pour les poteaux de clôture. Il s’agit d’un exemple localisé qui montre jusqu’où le gel peut descendre dans certaines conditions; la profondeur réelle d’une réparation doit donc être déterminée sur place selon le sol, le drainage, l’exposition et la base existante du poteau qui a bougé. Une clôture n’est pas visée par ce tableau : bien des poteaux sont donc installés moins profondément que la zone atteinte par le gel, et c’est précisément là que le soulèvement trouve prise.

Le Conseil national de recherches du Canada énumère trois conditions fondamentales pour le soulèvement dû au gel : un sol à grains fins où l’humidité peut circuler, une réserve d’eau et un gel qui pénètre dans le sol. Là où les trois se rejoignent, même quelques pouces de soulèvement — comme sur les balcons soulevés que décrit l’APCHQ — suffisent à faire basculer un poteau qui n’est pas ancré sous la ligne de gel.

La première condition — un sol à grains fins, comme l’argile sensible au gel — est courante sur la Rive-Sud. L’argile et d’autres sols sensibles au gel sont fréquents dans plusieurs secteurs de la Rive-Sud, notamment autour de Longueuil et des municipalités voisines. Un entrepreneur local en fondations décrit plusieurs secteurs de la Rive-Sud comme étant touchés par l’argile lourde laissée par la mer de Champlain. Comme le sol peut varier d’un terrain à l’autre, la conclusion utile pour une réparation de clôture n’est pas d’appliquer une profondeur fixe à partir d’une carte, mais d’inspecter le poteau qui a bougé et d’adapter la nouvelle base aux conditions réelles du site.

Le gel n’est pas la seule chose qui fait pencher un poteau. Un contact avec un véhicule ou une charrue, une racine d’arbre qui pousse contre la base, ou une section de panneaux pleins qui prend le vent peuvent aussi le sortir de l’alignement — mais chacune de ces causes laisse ses propres traces : un bris récent hors sol, une racine à la base, ou une inclinaison qui apparaît en dehors de la saison de gel et dégel. Un poteau qui penche un peu plus chaque printemps, lui, révèle presque toujours une base qui ne descend pas sous la ligne de gel.

Trois conditions du soulèvement dû au gel au Québec : sol sensible au gel, eau dans le sol et gel qui pénètre dans le sol

Un seul poteau ou toute la clôture ? Comment faire la différence

Si vos poteaux sont en bois, un test simple en dit long : enfoncez un tournevis dans le bois à la base du poteau, juste au niveau du sol. Si le bois s’effrite ou que le tournevis entre sans résistance, le poteau est pourri exactement là où il subit le plus de contraintes.

Les poteaux d’acier — ceux qui portent une clôture Frost en mailles de chaîne — montrent les problèmes autrement. Il n’y a rien qui s’effrite : on cherche plutôt la corrosion au niveau du sol, et le jeu. Un poteau qu’on fait bouger à la main signifie généralement que le béton autour n’est jamais descendu assez creux, ou n’a jamais vraiment pris.

Comptez ensuite le nombre de poteaux touchés. Un seul poteau penché dans une ligne indique généralement un problème de semelle localisé : mauvais remblai, absence de béton, ou semelle de béton coulée au-dessus de la ligne de gel. Plusieurs poteaux penchés le long de la même section révèlent plus souvent un problème de sol ou de drainage sur toute la section — et là, le calcul change.

L’âge compte aussi, en fonction du matériau. Notre guide sur la durée de vie d’une clôture donne 20 à 30 ans pour la clôture Frost résidentielle en mailles de chaîne, 25 à 35 ans et plus pour l’aluminium ornemental, 20 à 30 ans pour l’acier ornemental et 10 à 20 ans pour les composantes en bois des clôtures hybrides. Un poteau qui lâche bien avant la fin de cette fourchette révèle habituellement un problème d’installation, pas un matériau usé.

Le guide plus large cité plus haut propose un repère qui mérite d’être répété : des dommages touchant moins d’environ 20 % de la clôture mènent généralement à une réparation, tandis que des dommages touchant plus d’environ un tiers mènent généralement à un remplacement. Pour un seul poteau, la question utile est plus simple : est-ce un problème de base isolé, ou plusieurs ?

Peut-on réparer seulement un poteau de clôture penché ?

Souvent, oui — si le reste de la ligne de clôture est droit, que le grillage ou les panneaux sont encore en bon état et que le problème se limite à une seule base. La réparation doit toutefois corriger la cause, pas seulement le symptôme. Si le poteau a bougé parce que sa base s’arrêtait au-dessus de la ligne de gel, le redresser dans le même trou risque simplement de reporter le problème au prochain hiver.

Poteau d’acier penché d’une clôture Frost noire, sol soulevé par le gel à sa base

Les méthodes de réparation d’un poteau, comparées

Une fois qu’on sait que le problème vient de la base, il existe quelques façons de le corriger — et elles ne résistent pas toutes de la même manière à un hiver québécois.

Méthode Ce qu’elle fait Évaluation honnête
Ancrage à enfoncer (pièce d’acier plantée dans le sol, poteaux de bois) Rapide et peu coûteux ; l’ancrage se plante à côté de la base pourrie Reste au-dessus de la ligne de gel : le soulèvement finit généralement par le désaligner ; une entreprise canadienne signale des bris fréquents dès la première année
Remblai de gravier ou béton coulé autour du vieux poteau Stabilisation superficielle Ne crée pas une semelle sous la ligne de gel, donc ne s’attaque pas à la cause
Redresser le poteau et le refixer dans le même trou, avec du béton neuf ou de la mousse expansive pour poteaux Remet d’aplomb un poteau sain sans l’arracher Ne vaut que la profondeur de la base d’origine : si le poteau penche à cause d’une base au-dessus de la ligne de gel, le prochain gel le fait généralement pencher de nouveau ; la mousse ne change rien à la profondeur
Doublage du poteau (boulonner un poteau de bois neuf contre l’ancien) Convient quand le poteau n’est atteint qu’en partie Boulonné à travers les deux poteaux ; pas besoin de déterrer l’ancienne base, mais le poteau neuf ne résiste au gel que selon sa propre profondeur
Remplacement complet, foré sous la ligne de gel Ancre le poteau sous la couche de sol qui gèle et se soulève Coût de départ plus élevé, mais généralement beaucoup plus durable lorsque la cause est le gel

Comme l’ancrage à enfoncer est la solution la plus rapide et la moins chère de la liste, il mérite qu’on s’y attarde.

Un ancrage à enfoncer est une pièce d’acier qu’on plante dans le sol à côté d’un poteau de bois pourri ou cassé, puis qu’on boulonne au bois encore sain au-dessus. C’est rapide, peu coûteux et sans excavation : c’est exactement ce qui le rend attirant.

Le problème, c’est la profondeur. Selon une entreprise canadienne de réparation de poteaux qui vend sa propre solution de rechange, les ancrages courants ne s’enfoncent que de 11 à 17 pouces dans le sol et font environ 0,105 pouce d’épaisseur. C’est bien au-dessus de la profondeur que le gel atteint dans un hiver de la région de Montréal. Comme l’ancrage reste au-dessus de la ligne de gel, le soulèvement tend à le désaligner — et cette même entreprise note que les bris apparaissent souvent dès la première année.

Comme cette source vend sa propre solution de rechange, ses affirmations sur la durée de vie doivent être lues avec prudence. Le point important n’est pas le délai exact avant la défaillance; l’argument le plus solide vient de la profondeur elle-même et de l’avertissement de RONA, qui déconseille les ancrages métalliques dans les sols argileux ou compacts et indique qu’un poteau peut bouger en période de gel et dégel.

Une comparaison publiée par un fournisseur britannique arrive à la même conclusion par un autre chemin. C’est une source britannique, pas québécoise, et le mouvement du sol y vient de l’argile détrempée plutôt que du gel profond : elle donne aux ancrages 5 à 10 ans dans les conditions britanniques, contre plus de 20 ans pour un poteau coulé dans le béton, et nomme l’argile comme point faible, puisqu’elle gonfle et se contracte selon l’humidité et peut, à la longue, desserrer un ancrage de métal.

Un détaillant canadien qui vend ces ancrages dit à peu près la même chose : le guide de fondations de clôture de RONA les déconseille pour les sols en argile ou compacts, et précise qu’un poteau ainsi ancré « peut bouger en période de gel et dégel ».

Rien de tout ça ne rend l’ancrage inutile. C’est un choix raisonnable pour une section de clôture basse ou temporaire, ou pour un sol vraiment sec et stable à l’année. Ce n’est pas ce que nous recommanderions pour un poteau de bois qui penche déjà à cause du gel dans l’argile de la Rive-Sud : ce serait demander au même ancrage peu profond de subir de nouveau le même problème de la même façon.

Avant de creuser ou d’enfoncer quoi que ce soit dans le sol

Toutes les méthodes du tableau entrent dans le sol, et certains câbles enfouis sont moins creux qu’un ancrage à enfoncer. Avant de commencer, faites une demande de localisation auprès d’Info-Excavation. La demande est gratuite et devrait être faite avant de creuser ou d’enfoncer quoi que ce soit dans le sol. Info-Excavation rappelle que certains fils peuvent se trouver très près de la surface, que l’installation d’une clôture n’est pas traitée comme une urgence et que les travaux planifiés exigent généralement un délai de traitement de 3 jours ouvrables. La demande couvre les infrastructures souterraines des entreprises membres d’Info-Excavation; les lignes privées ou les infrastructures d’organisations non membres peuvent nécessiter une vérification distincte par le propriétaire.

Prévoyez le délai : Info-Excavation demande de prévoir 3 jours ouvrables, sans compter le jour de la demande, pour des travaux planifiés, et l’installation d’une clôture n’est pas considérée comme une urgence. À l’automne, ces trois jours sont pris sur la courte fenêtre qui précède le gel du sol (nous y revenons plus bas).

Ancrage à enfoncer comparé à une base de béton coulée sous la ligne de gel : profondeur, mode de bris et durée de vie

Comment nous remplaçons un poteau sous la ligne de gel

Quand un poteau doit être remplacé au complet, notre méthode vise d’abord à ne pas répéter le même défaut.

Avant le moindre coup de pelle, nous faisons localiser les réseaux souterrains par Info-Excavation — nous nous occupons de cette demande dans le cadre du contrat. Les réseaux privés qui n’apparaissent pas dans cette localisation, comme la conduite d’un chauffe-piscine ou un système d’irrigation, restent à signaler par le propriétaire. Si votre municipalité exige un permis ou une autorisation, l’obtenir relève aussi du propriétaire : les règles de permis varient selon la municipalité. La fiche simplifiée de Longueuil indique qu’un permis n’est généralement pas requis pour une clôture résidentielle standard, sous réserve des règles et exceptions applicables. D’autres villes, dont Brossard, devraient être vérifiées directement avant les travaux. Les clôtures de piscine suivent leurs propres règles.

Une fois les réseaux localisés, nous forons le trou de la nouvelle semelle sous la ligne de gel plutôt que de reprendre la profondeur du poteau qui a lâché, et nous y coulons du béton plutôt que du gravier ou un remblai meuble. Nous procédons ainsi pour chacune de nos installations de clôture Frost sur la Rive-Sud, et c’est précisément cette étape qui s’attaque à la cause de l’inclinaison. Cette profondeur n’est pas un chiffre fixe : elle dépend du sol et du terrain, et c’est pourquoi nous la déterminons sur place, et non à partir d’une liste de prix. L’essentiel, c’est que la semelle descende sous la couche qui gèle.

La profondeur ne fait pas tout : un autre bulletin du Conseil national de recherches du Canada (en anglais) précise qu’un trou remblayé avec un sol sensible au gel peut quand même causer des dommages quand le sol gelé adhère à la paroi de la base — une raison de plus de remplir le trou de béton plutôt que de la terre qui en est sortie.

La profondeur règle la question du gel ; le dessus de la base règle celle de l’eau. Le béton doit être façonné en pente pour éloigner l’eau du poteau plutôt que de la laisser s’accumuler contre lui, comme le recommande aussi le guide de fondations de RONA. L’eau est l’une des trois conditions du soulèvement, et c’est celle sur laquelle le propriétaire a vraiment prise : éloignez les descentes pluviales et l’arrosage de la ligne de clôture.

Nous respectons aussi une cure du béton de 14 jours avant de remettre le poteau réparé en service — par exemple avant de réinstaller la quincaillerie d’un portillon, de retendre le grillage ou de remettre une section de panneau en charge. C’est une règle d’installation propre à Duratech, et non une exigence générale en construction. Nous le mentionnons parce que c’est la différence entre une semelle bien prise et une semelle à laquelle on demande de porter un portillon ou un panneau exposé au vent avant qu’elle soit prête.

Nouveau poteau rond en acier retenu d’aplomb dans un trou foré, béton coulé autour, mailles repliées de côté

Combien coûte la réparation d’un poteau de clôture au Québec

Chiffrer la réparation d’un seul poteau est plus difficile que chiffrer une clôture neuve au complet : il existe très peu de données québécoises publiées sur les coûts de réparation comme tels.

Pour une installation complète de clôture Frost en mailles de chaîne, notre propre guide des coûts situe le prix installé entre 25 $ et 60 $ le pied linéaire, clés en main — avec la réserve que les soumissions annoncées autour de 25 $ le pied excluent souvent les portillons, les poteaux de coin, le démontage de l’ancienne clôture et les accès difficiles.

Pour situer le contexte, le guide des prix d’installation d’un comparateur québécois (mis à jour à la fin août 2026) donne, pour une clôture neuve installée, environ 18 $ à 45 $ le pied linéaire pour la clôture Frost (mailles de chaîne), 20 $ à 70 $ pour le bois et 30 $ à 70 $ pour le fer ornemental.

Élément de réparation Fourchette indiquée par un guide québécois de demandes de soumissions (2024)
Réparation d’une section de mailles 10 $ à 20 $ le pied linéaire
Poteau de remplacement (pièce) 20 $ à 50 $ par poteau
Remplacement d’une barre de tension ou de quincaillerie 5 $ à 15 $ la pièce

Ces montants proviennent d’un guide publié en 2024 sur un site québécois de demandes de soumissions, et ils correspondent aux prix de pièces de rechange du même guide : il faut donc les lire comme des repères pour les pièces, pas comme le prix d’un poteau neuf foré sous la ligne de gel et coulé dans le béton. Nous n’avons pas trouvé de deuxième source québécoise pour les confirmer. La seule façon d’obtenir un chiffre juste pour votre clôture reste l’évaluation sur place, et c’est justement là-dessus qu’est bâti notre processus de soumission écrite.

La fenêtre d’automne : agir avant que le sol gèle

Notre saison d’installation s’étend généralement d’avril à novembre. Même pendant cette période, le moment choisi compte pour la réparation d’un poteau : plus on attend tard en automne, plus le sol devient difficile à forer.

Nous ne pouvons pas fixer de date précise pour le moment où le sol devient trop gelé pour travailler, parce que ça varie d’une année à l’autre, d’un secteur à l’autre et selon la profondeur qu’a déjà atteinte le gel cet automne-là. Ce que nous savons, c’est que la fenêtre se referme par le haut : chaque semaine d’automne laisse une plus grande partie de la colonne de sol gelée, et il faut quand même forer au travers pour asseoir une base durable. C’est pourquoi le bon réflexe en octobre n’est pas d’attendre de voir si le poteau empire, mais de faire la demande de localisation et le forage pendant que le sol coopère encore.

En pratique : un poteau penché repéré en septembre ou en octobre se règle généralement par un forage sans complication. Le même poteau repéré en janvier devra habituellement attendre le dégel, retenu d’ici là par un étai ou attaché à un poteau voisin solide.

L’assurance habitation couvre-t-elle une clôture abîmée par l’hiver ?

Les propriétaires nous demandent souvent si une clôture abîmée pendant l’hiver est couverte par l’assurance. La réponse dépend surtout de la cause du dommage.

CAA-Québec rappelle que ce qui se trouve sur votre terrain et qui est endommagé, par exemple par le poids de la neige, est généralement couvert par un contrat d’assurance habitation « tous risques », et une clôture de travers figure parmi les dommages hivernaux qu’elle mentionne. La couverture dépend tout de même du libellé exact du contrat, des exclusions, des avenants, de la franchise et de la façon dont l’assureur classe la cause du dommage.

Le soulèvement dû au gel, c’est une autre histoire : selon CAA-Québec, les mouvements de sol ne sont généralement pas couverts, et le Bureau d’assurance du Canada range parmi les risques généralement exclus les dommages causés par le gel à l’extérieur de la maison, y compris le gonflement attribuable au gel. Un poteau qui penche parce que le sol s’est soulevé relève donc habituellement du budget de réparation.

Plutôt que de deviner, nous suggérons ceci : vérifiez les détails auprès de votre propre courtier avant de déclarer quoi que ce soit. Il vaut aussi la peine de savoir qu’un assureur peut refuser une demande d’indemnité si le dommage est lié à une clôture qui se dégradait déjà avant l’hiver en question — gardez donc chaque automne quelques photos datées de la ligne de clôture, au cas où vous auriez à démontrer dans quel état elle était.

2 cas réels :

Un seul poteau penché à Saint-Hubert. Après un hiver rigoureux, un propriétaire a remarqué que le poteau du portillon, dans une clôture en mailles de chaîne par ailleurs bien droite, avait basculé au point que le loquet n’accrochait plus. Le poteau d’acier lui-même était en bon état, sans corrosion au niveau du sol : il bougeait simplement à la main, parce qu’il avait été planté trop peu creux, au-dessus de la ligne de gel, avec très peu de béton autour.

Nous avons fait localiser les réseaux par Info-Excavation, foré une nouvelle base sous la ligne de gel, coulé le béton et respecté notre cure de 14 jours avant de réinstaller la quincaillerie du portillon. Le reste de la ligne de clôture n’a eu besoin d’aucune intervention.

Une série de poteaux pourris à Longueuil. Un autre appel concernait une clôture d’intimité en bois où trois poteaux d’une même section penchaient visiblement ; le test du tournevis a révélé un bois mou et friable à la base de deux d’entre eux.

Vu l’âge de la clôture, le nombre de poteaux touchés et l’argile de ce terrain, ni le doublage ni une réparation ponctuelle n’allaient tenir bien longtemps. Remplacer la section, avec de nouvelles bases de béton sous la ligne de gel, avait plus de sens que de réparer des poteaux déjà trop avancés pour qu’une réparation ponctuelle dure.

Foire aux questions

1. Combien coûte la réparation d’un poteau de clôture au Québec ?

Il existe peu de prix québécois publiés pour un poteau isolé : les fourchettes que nous avons trouvées — 20 $ à 50 $ par poteau, 10 $ à 20 $ le pied linéaire de mailles — sont des prix de pièces, pas le coût d’une base forée sous la ligne de gel et coulée dans le béton. Ce qui fait vraiment varier la facture, c’est de savoir s’il faut sortir l’ancienne base, jusqu’où forer la nouvelle et à quel point la foreuse peut approcher de cette portion de la ligne de clôture. C’est pourquoi le chiffre vient d’une évaluation sur place, et non d’une liste de prix.

2. Un ancrage à enfoncer tient-il vraiment pendant un hiver québécois ?

Parfois, mais pas de façon fiable là où le soulèvement dû au gel entre en jeu. Ces ancrages ne servent qu’aux poteaux de bois et s’arrêtent bien au-dessus de la profondeur que le gel atteint dans la région de Montréal — RONA, qui les vend, les déconseille d’ailleurs pour les sols en argile ou compacts. Le test à faire porte sur le sol, pas sur le produit : si ce poteau a déjà bougé au fil des saisons, un ancrage moins profond va bouger lui aussi. Les ancrages ont leur place sur une clôture basse ou temporaire, ou sur un terrain sec et stable à l’année — mais si le poteau a bougé malgré un ancrage, un second ancrage ne changera rien : la solution est une base forée sous la ligne de gel.

3. Peut-on réparer un poteau de clôture penché en hiver ?

Généralement pas une fois le sol gelé. Forer une base convenable sous la ligne de gel demande un sol qu’on peut encore creuser, et ça devient progressivement plus difficile à mesure que l’automne avance. Si l’inclinaison apparaît en plein hiver, retenez le poteau jusqu’au dégel et prévoyez la nouvelle base à ce moment-là : un étai gagne du temps, il ne règle pas ce qui se passe sous terre.

4. À partir de quel moment réparer un poteau cesse-t-il d’être logique ?

Quand plus d’un ou deux poteaux d’une même ligne sont touchés, ou quand le bois est mou bien au-dessus du niveau du sol et pas seulement à la base. Un poteau sain qui a simplement bougé relève habituellement de la réparation. Plusieurs poteaux pourris sur une clôture vieillissante mènent plus souvent au remplacement de la section.

5. Quelle garantie devrait accompagner la réparation d’un poteau ?

Demandez-la par écrit. En comparant les soumissions, vérifiez comment sont couverts la main-d’œuvre (profondeur de la base, béton, alignement) et les matériaux, ce qui est inclus exactement (le poteau, la nouvelle base de béton ou la section de clôture autour) et pour combien de temps.

Demandez aussi ce qui arrive si le poteau réparé bouge après son premier hiver : c’est la saison où ce genre de travail se juge. Une réparation qui réutilise une base existante a peu de chances d’être couverte de la même façon qu’une base neuve forée sous la ligne de gel, puisque la pièce la plus susceptible de lâcher de nouveau est justement celle qu’on n’a pas remplacée.

Avis : les prix et les estimations de réparation présentés dans cet article sont des fourchettes générales du marché, et non une soumission pour votre propriété — votre prix final dépend d’une évaluation sur place du poteau, du sol et de l’accès au terrain. Les règles municipales concernant les permis et l’excavation varient d’une municipalité à l’autre ; vérifiez les exigences en vigueur auprès de votre municipalité avant d’entreprendre des travaux. Cet article est fourni à titre informatif général et ne constitue ni un avis d’ingénierie, ni un avis juridique, ni un conseil en assurance propre à votre propriété.

Un poteau penché se corrige rarement tout seul, et plus on approche du gel du sol, moins il reste de semaines pour le réparer comme il faut. Si un poteau de votre clôture penche, est pourri à la base ou n’a tout simplement plus l’air solide, envoyez-nous des photos de la base au niveau du sol, la longueur de la ligne et votre ville. Nous vous dirons s’il s’agit d’une seule base ou d’une section, puis nous passerons sur place pour préparer une soumission écrite claire avant que le sol gèle.

Téléphone : 438 830-3436

Courriel : lescloturesduratech@gmail.com

Site Web : lescloturesduratech.com

Nous desservons les propriétaires de la Rive-Sud et de la Montérégie, en français et en anglais.

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